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Communiqué - Sud-Est : le bitume pour tout horizon

Toulouse Métropole s’apprête à ouvrir la LMSE aux voitures.

La Liaison Multi-modale Sud-Est (LMSE) a été inaugurée en 2013 et relie le terminus du métro de Ramonville à St Orens de Gameville. Celle-ci a été réalisée sur la base d’un protocole d’accord conclu en 2008 entre nos trois associations et Toulouse Métropole. Ce protocole d’accord, rédigé conjointement, stipule notamment que « le Grand Toulouse s’engage [...] à dédier le pont reliant le site de l’Aérospace Campus au complexe scientifique de Rangueil exclusivement aux transports en commun, aux piétons et aux autres modes doux de déplacement. En conséquence, le pont en cause ne comportera pas de voie ouverte à la circulation générale ni de voie d’accès à celle-ci ».

Pourtant, lors de la commission transport qui s’est tenue ce jeudi 5 mars, c’est tout l’opposé qui a été présenté. Un projet de délibération, qui sera votée le 9 avril, acte l’ouverture du pont au-dessus de la rocade à la circulation automobile, via des travaux d’aménagement d’un coût de 1,8 millions d’euros. Ce sont donc plus de 15 000 véhicules par jour que tous ceux qui travaillent et vivent sur le campus spatial auront le « plaisir » de voir défiler sous leurs fenêtres et qui viendront saturer le quartier universitaire de Rangueil !

Nos associations ont pourtant tenté à de nombreuses reprises de faire changer d’avis les élus de la métropole, via un courrier (resté sans réponse), une pétition, une manifestation et de nombreux communiqués de presse.

L’horizon proposé par la métropole à tous ceux qui vivent et travaillent dans le sud-est toulousain est donc un immense ruban de bitume. Avec la volonté affichée de ne pas prolonger la ligne B à Labège, la voiture restera reine dans ce secteur au moins pour les 10 prochaines années. Le futur projet Montaudran Aerospace voit-il déjà son avenir asphyxié avant même de respirer ?

La métropole prétend ne pas vouloir privilégier un type de transport en particulier. Pourtant, avec la baisse drastique du budget des aménagements cyclables qui se profile, la construction et l’agrandissement de parkings en pleine ville, l’arrêt de la plupart des projets de transports en commun de surface en site propre, le retour de la tarification à 5 euros pour le stationnement des voitures en soirée, c’est bien un retour de la voiture en ville qu’elle organise.

Le président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc, croit ainsi être l’ami des automobilistes, poursuivant une fuite en avant qui verra inlassablement les nouvelles voies de circulation se remplir de bouchons, accentuant la pollution, l’insécurité routière et dégradant notre qualité de vie.
En revanche, il n’est pas l’ami du droit : avec cette violation frontale du protocole d’accord, il ne nous laisse d’autre choix que de saisir les tribunaux afin de faire respecter les engagements pris par sa collectivité.

Nos associations appellent à une politique des transports capable de répondre aux enjeux de sécurité, de pollution et de santé publique, en phase avec les restrictions budgétaires. Pour cela un rééquilibrage des modes de transports en faveur des alternatives à la voiture solo est indispensable. Transports en commun efficaces, vélo et marche doivent être favorisés et mis en avant.

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Mis à jour le mercredi 9 mars 2016, par Florian Jutisz