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Exclusif : Enquête sur le stationnement vélo à Toulouse

jeudi 18 janvier 2007, par Cyril Bouvet

Rue Gambetta : suite au récent aménagement de la rue, l’espace urbain a été réaménagé : les trottoirs ont été élargis, les barrières anti-stationnement de type croix St Georges auxquelles s’accrochaient habituellement les vélos ont disparu pour laisser place à a des poteaux en fer inutilisables pour l’accrochage des vélos.

En contrepartie, 11 arceaux de stationnement vélo ont été installés : une bien maigre compensation pour les 42 vélos stationnés dans la rue et dans les rues aux alentours (rue St Ursule et rue Lakanal) ce samedi 9 Décembre 2006, jour où l’association
Vélo Toulouse a procédé à une vaste enquête sur le terrain afin de dresser un bilan réaliste de la situation du stationnement vélo en ville
 : Les militants de l’association Vélo ont parcouru 143 rues, places et boulevards du centre ville afin de compter le nombre de vélos présents et les solutions de stationnements utilisées.

Les résultats sont tout simplement ahurissants :

Le vélo est aujourd’hui largement plébiscité par les Toulousains pour leurs déplacements dans le centre ville puisqu’il a été recensé 1505 vélos dans le centre Toulouse. Ce chiffre représente plus que la capacité des parkings souterrains du Capitole et d’Esquirol réunis ! De ce fait, les cyclistes toulousains sont donc devenus un pilier du dynamisme du centre ville.

Malheureusement, la Mairie de Toulouse ne semble pas avoir encore pris la pleine mesure de l’enjeu économique pour la ville d’offrir des solutions de stationnement adaptés au vélo :
Avec des équipements de stationnements largement insuffisants et saturés dans la rue Gambetta quant ils ne sont pas carrément inexistants comme dans la rue du Taur, la population cycliste, ainsi déconsidérée, voire dénigrée, n’a d’autre choix que rechercher des solutions dans les rues avoisinantes en utilisant les points d’accroches offertes par les barrières de type croix St Georges.
Mais là encore, ce repli vers les barrières croix St Georges ne semble pas être apprécié de la Mairie qui procède actuellement dans certaines rues aux remplacements de ces barrières par de simples plots (rue Gambetta, rue du Taur, rue des couteliers...).
Mais le mépris pour les cyclistes ne s’arrête pas là : dans le guide de bonne conduite en Septembre 2006, « le code de la rue », Monsieur Moudenc a cru bon de rappeler qu’il est « interdit d’attacher son vélo au mobilier urbain en dehors des équipements spécialement destinés à cet usage ».

Ces beaux principes semblent oublier une réalité beaucoup moins flatteuse : avec seulement 444 arceaux recensés dans la zone de comptage, il faudrait installer de 300 arceaux à 500 arceaux supplémentaires au centre ville de Toulouse pour rendre possible l’application du « code de la rue ». Lors du comptage, l’utilisation des arceaux pour le stationnement vélo est apparue comme marginale puisqu’ils sont utilisés dans 26% des cas alors qu’avec 872 vélos accrochés aux barrières St Georges, ces derrières répondent à 68% de la demande de stationnement.

Que faire face à un tel constat ? Souhaitant maintenir la coopération établie avec la mairie dans le cadre de l’agenda 21 (cf : audit des pistes cyclables), l’association Vélo a fourni un dossier complet aux élus de la Mairie (dossier associé à l’article) ; Il veut leur faire prendre conscience de la situation et des éventuelles conséquences économiques induites.

Ce dossier est accompagné des propositions suivantes :
-  Mettre à jour le « code de la Rue » pour lever toute ambiguïté concernant le mobilier urbain autorisé pour le stationnement des vélos
-  Equiper rapidement de mobiliers urbains de stationnement vélo les rues où les capacités de stationnement sont insuffisantes ou inexistantes ( rue du Taur, rue Gambetta , etc...) à cause de la disparition des barrière croix St Georges.
-  Abandonner immédiatement tout projet de remplacement de barrière de type Croix St Georges par des plot. Une nouvelle signalétique pour le bon usage des barrières de type croix St Georges est également proposée
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