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Madrid, l’an 0 du vélo

jeudi 17 juin 2010, par Sebastien Bosvieux

Dans la vie, on trouve toujours mieux mais aussi moins bien ailleurs. En matière de vélo, sur le plan du mieux qu’à Toulouse, il y a de quoi faire.

Mes visites récentes à Strasbourg, Bordeaux et Paris ont mis en évidence une vraie politique cyclable dynamique en pleine accélération ces derniers temps. Par exemple, à Paris, cela va beaucoup trop vite pour l’opposition, le vélo devient un sujet très politique ! Plus localement, les dossiers avancent dans de petites localités, celles-là même qui rétorquent que le vélo est l’affaire des grandes villes. A Agen, Foix, St-Gaudens, ça s’accélère.
Vers le sud, en Espagne, le cyclisme se cantonne plutôt aux exploits sportifs plus ou moins naturels. Philippe Goirand, l’adjoint toulousain délégué aux « pistes cyclables », relevait toutefois sur son blog les avancées surprenantes de Bilbao et San Sebastian.

Ca bouge donc partout, ça s’accélère, les villes mettent « tout à droite » (disons le grand braquet, pour éviter les amalgames politiques !) alors qu’à Toulouse on se croirait dans un concours de surplace !

Moins de dix supports vélo à la gare d’Atocha

Heureusement, me voici soulagé et rassuré après mes quelques jours passés à Madrid en Mai !! Il y a bien pire que nous ! La capitale de l’Espagne est à l’an 0 du vélo. Il faut dire quelle part du zéro absolu puisqu’en 3 jours, je n’ai vu que deux aménagements, un logo cycliste accolé à celui du piéton sur un feu piéton, sans aménagement ni avant, ni après ce passage protégé ; ainsi qu’une petite dizaine de supports vélo à la gare d’Atocha !
Bon, j’exagère un peu, il y a quelques rue piétonnes, sans que je sache toutefois si les cyclistes y sont admis. On trouve aussi quelques zones de rencontres où le vélo est autorisé, le panneau semble d’ailleurs avoir été réactualisé en reprenant le modèle allemand. Mis à part cela, place à la bagnole ! Des artères à 2 X 2, 3, 4, voire 5 voies en veux tu en voilà. Parfois l’une est réservé aux bus, taxi et … motos ! Les vélos n’y sont pas autorisés, il faut dire que c’est une voie parfois aussi chargée que les autres car inondée de taxis !
Sas à moto Autre aménagement bien commode à vélo, le sas devant le feu mais là-bas, il est réservé aux... motos !!

Bref, la voiture est presque partout, les Madrilènes semblent y être très attaché alors que les transports en commun sont loin d’être saturés. Il n’y a qu’à voir le plan des rocades autour de Madrid...

Ah j’oubliais la petite pointe de positif. Le métro est ouvert aux vélos gratuitement le week-end et hors heures de pointes en semaine.

Le vélo prend la place du piéton et non de la voiture

voies bus-taxi...moto Sur le terrain, les quelques courageux que l’on peut voir sont les plus motivés, serpentant entre les multiples files de voitures pressées et bruyantes. Les vélos pliants sont assez répandus, ainsi que les fixies, toutes proportions gardés du 0,5% de part modale du vélo. Ces quelques militants, sont réunis dans l’organisation « con bici » qui n’a pas la partie facile. Et pourtant, le journal gratuit « ADN » titrait, après la foot en couverture bien entendu, « absurdités cyclistes », dénonçant les absurdités des aménagements réalisés dans la cadre du tout jeune plan municipal cycliste (discontinuités, pistes à des endroits inutiles...) mais aussi le fait que la (faible) place donnée au cycliste est prise sur... les piétons et non les automobiles. Il y a encore du boulot, les vielles recettes ont encore la peau dure !

A vélo, il ne faut pas regarder en arrière et ce qui va moins bien mais au contraire poser son regard loin devant. Et là, Toulouse a du mal en matière de politique cyclable. Mais ça tombe bien je vais prochainement à Copenhague, je suis sûr que tous les bons exemples me seront servis sur un plateau !

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