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Le parking du Capitole, une voie de garage

Ca y est, le second réaménagement de la rue Alsace-Lorraine commence. 2 ans de travaux pour une rue presque toute neuve. Pourtant, il semble que quelque soit la beauté du granite, la grandeur des plantations, le degré de finition, cette rue ne sera pas une complète réussite.

Rue piétonne ? En admettant que la restriction d’accès aux seuls riverains, commerçants, taxis, livreurs, artisans et ayants droit en tout genre permette de la classer dans la catégorie rue piétonne et cyclable, cette appellation ne dure que … 100 m ! Il est en effet possible d’y circuler sans aucun laissez-passer à partir de la rue Genty Magre, sans parler de la rue de la Pomme, véritable perfusion de voitures dans cette rue d’inspiration haussmannienne. Bref, la rue Alsace-Lorraine n’est pas une rue piétonne.

Perfusion automobile des rues de l’hyper-centre

La principale raison en est simple. L’un des plus grands parkings souterrains de Toulouse est sous la Place du Capitole. Il faut donc l’alimenter, y faire accéder les voitures (via la rue Pargaminière, la rue de Rémusat, la rue Lafayette qui coupe Alsace-Lorraine) et les évacuer (via la rue de la Pomme, la rue des Puits Clos et … la rue Alsace-Lorraine). Ce garage empêche toute vraie piétonisation des petites rues de l’hyper-centre. Cette incompatibilité de destination trouve un rebondissement amusant dans un article de la Dépêche du Midi : les piétons de la rue Alsace empêchent le dégagement du flot automobile venant de ce parking et nos amis les automobilistes de l’hyper-centre s’en trouvent déboussolés. Sirène d’alerte aux gaz d’échappement, anarchie aux barrières et finalement sortie par la rue Gambetta !

Voilà une bonne idée la sortie par la rue Gambetta ! Cela permettrait de soulager les rues de la Pomme et d’Alsace-Lorraine et de les rendre véritablement aux piétons et cyclistes. Une espèce d’esquisse de la piétonisation et vrai début de réaménagement. Cette mesure devrait également s’accompagner d’une restriction d’usage du parking aux seuls riverains. Du coup, une partie des 930 places pourrait être reconvertie en grand parking à vélo avec atelier. A ce stade des hypothèses, il convient de se pencher sur le cas parking du Capitole.

La saga mairie Vinci

Construit en 1970 pendant l’âge d’or du tout voiture, juste avant les chocs pétroliers, sa gestion a été confiée à Sogeparc, filiale de Vinci. La concession (cela signifie que le délégataire doit assurer l’exploitation et l’entretien mais aussi les investissements de mise aux normes) courait jusqu’en 2006. Malheureusement la mairie, à l’époque sous l’autorité de M. Douste Blazy, s’aperçoit fin 2003 que le parking n’est plus aux normes, qu’il est fortement dégradé et que Vinci ne pourra pas le remettre en état à temps avant la fin de son contrat. Dans un grand élan de générosité, elle rachète les dernières années de contrat et relance un appel d’offre de concession pour 20 ans supplémentaires avec obligation de faire les travaux. Par miracle, Sogeparc - Vinci remporte l’offre [1] ! Cette saga pour dire combien Vinci profite de ce parking et combien la mairie y a mis du sien ! Avant 2023, Vinci va certainement essayer de faire quelques sous, cela lui fera donc 51 ans de gestion ! Il est donc peu probable qu’elle soit favorable à une restriction d’accès et une transformation en parking à vélo dans ce garage juste remis à neuf, l’un des plus fréquentés de Toulouse.

La fin du parking culturel

La mairie actuelle vient pourtant de mettre fin au tarif soirée - spectacles culturels. Décidé avant la ligne B, ce tarif unique de 4€ permettait de stationner de 20h à 8h. Le manque à gagner par Vinci était payé par la mairie, budget culture, et était fixe et déconnecté de la fréquentation du parking soit 600 000 € annuels. Comme le précisait M. Carreiras au dernier Conseil Municipal, on ne peut investir dans les transports en commun d’un côté et subventionner le parking de l’autre en incitant de fait la voiture dans l’hyper-centre.

Ce premier pas des élus doit être poursuivi pour apaiser ce lieu mythique de Toulouse et y réduire puis supprimer la circulation. La piétonisation de se décrète pas, elle s’élabore.

Le parking du Capitole, comme beaucoup d’autres en centre ville, ne peut perpétuellement proposer 930 places dans l’hyper-centre et sera inévitablement détourné un jour de son objectif premier, le stationnement automobile. C’est le sens de l’histoire, les 30 glorieuses sont bien loin, il faut vivre avec son temps !

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Mis à jour le mercredi 3 février 2010, par Sebastien Bosvieux

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