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Avril 2009 - Cylistes des villes, cyclistes des champs

Il y a 2 types de cyclismes : le sportif et l’utilitaire. Passant régulièrement de l’un à l’autre il m’est facile de dresser un rapide portrait de chacun.

Coursier à Londres Commençons par le premier. La compétition est au coeur de sa préoccupation. Rouler le plus vite possible et sur des routes les plus escarpées possible. Cette adversité s’exerce contre les autres mais aussi contre lui-même. Toujours faire mieux, repousser ses limites et se prouver qu’on est capable. Pour bon nombre de pratiquants cela s’accompagne d’une certaine fierté à chevaucher une machine en carbone, boudiné dans un cuissard flashy et qui laisse apparaître une fine musculature bien mise en valeur par un rasage minutieux (le rasage des jambes est avant tout esthétique, il marque son appartenance à la caste du cycliste). Cet homme sandwich est également l’objet de railleries car, comme chacun le sait, le cycliste est forcément un tricheur dopé et drogué (et ce sont les commentaires que l’on entend parfois au bord des routes).

De l’autre côté se trouve le cycliste utilitaire. Peu enclin aux grandes vitesses, il se soucie guère de son apparence. Sa position n’a aucune importance pour lui. Rallier un point B à partir d’un point A, telle est sa priorité, sans se soucier des bouchons, du pouvoir d’achat et du stationnement voire même avec fierté de respecter le protocole de Kyoto dans la joie et le silence. Cette espèce de cyclistes est souvent mal comprise. On en parle souvent comme d’un promeneur doux rêveur et d’ailleurs, l’état d’esprit de ceux qui nous bâtissent des aménagements cyclables est sans doute plus basé sur le vélo loisir que le vélo déplacement.

Ces deux espèces ne se comprennent guère. Quand les sportifs mettent le vélo dans la malle (pourquoi pas d’un 4X4) pour rejoindre de jolies routes d’entrainement, ils s’énervent derrière ces cyclistes urbains qui ne savent même pas rouler droit et prennent leur temps avec des braquets impossibles. Il arrive aussi aux citadins sur deux-roues de quitter son vélo pour aller se promener à la campagne en voiture. Là, il s’exaspère des pelotons de beaufs qui prennent toute la route et ne daignent même pas se mettre en file indienne à l’arrivée de la tonne de ferraille.

Bien entendu, c’est une caricature. Je connais des beaufs en vélo en ville mais aussi des sportifs qui ne possèdent pas de voiture par choix écologique ! Simplement, ces deux pratiques du vélo deviennent dans le fond assez antagonistes. Si par nature le sport cycliste présente une approche plus individualiste, le cyclisme déplacement se veut dans l’intérêt général.

Le coureur cycliste des routes départementales présente pourtant tous les atouts pour pratiquer en ville, chose qu’il fait peu. En condition physique optimale pour affronter de bonnes distances et les hypothétiques côtes, à l’aise dans la circulation, il n’a pas peur du froid ou de la pluie. Voilà tous les arguments pour lâcher sa voiture plus souvent.

Le fil Vert aura lieu les 13 et 14 juin prochain à Pibrac. Parmi les 3000 pratiquants sportifs et loisirs en 2007, combien enfourchent le vélo aussi pour acheter la baguette ou aller au travail et à l’école ?
Un semaine après le Fil Vert aura lieu la Festa Vélo, la fête du vélo nouveau cru qui aura lieu le 7 juin à Toulouse. Rêvons qu’ils y aillent tous, conscients que le vélo est aussi utile.
Si à l’image de ces deux manifestations, la réunion est difficile à s’opérer, parions qu’il sera possible un jour de réunir activité physique, convivialité, écologie, sécurité, joie et douceur du déplacement sur des routes apaisées !

Photo : un coursier londonnien sur vélo fixy, l’alliance parfaite du sport et du déplacement

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Mis à jour le mardi 14 avril 2009, par Sebastien Bosvieux

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